III.Biographie (12 lignes) Mya était orpheline. Enfin, pas au sens que l' on use habituellement. Sa mère ne l' avait jamais souhaitée. Elle était indésirée...
« Un gamin !? » Hurla l' homme bedonnant, debout devant une femme à l' air pitoyable et aux yeux bouffis par de nombreux pleurs.
Sa robe violette, semblait ne pas avoir été lavée depuis des lustres. Elle baissait humblement la tête devant l' homme, et tenait piteusement son ventre avec ses mains osseuses. Lui, son visage déformé par la haine, se retenait de ne pas criblé de coup ce ventre arrondi. La femme essaya de parler, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge, et des larmes coulèrent de nouveaux sans plus se tarrirent. Elle se pliait en deux, partagée entre l' amour qu' elle éprouvait pour ce rustre et son instinct maternelle. Elle reussit a articuler, d' une voix timbrée de tristesse et de désespoir :
« Si... Je peux... » La futur mère s' arreta, et toussa, crachant ses poumons, d' une violence innouie. Puis, elle reprit difficillement « ... Avorter. »
L' homme s' emporta.
« Avorter!! C'est bien trop tard! Ca fait combien de mois, hein ? Tu te rends pas compte, et ton boulot, alors ? Comment tu veux continuer à faire le trottoir avec un mioche sous les bras, imbécile!! »
« Mais... » Protesta la pauvre femme.
« Ecoute bien, salope. Je t' emplois plus, on avait un accord. Débrouille toi, tu ne m' interresse plus. »
La femme d' une trentaine d' années pleura de plus belle, geignant silencieusement, serrant fortement son ventre, son futur enfant. Elle n' osait plus lever la tête et entendait l' homme marcher à trvaers la piece rapidement. Soudain, la porte claqua. Il était parti. Pour toujours. Ce n' était qu' un rustre, une brute, un homme immonde et malhonnete, mais elle l' aimait, l' aimait malgré tout, malgré lui. Il l' abandonnait, comme si elle n' avait jamais existé pour lui. A cause de ce bébé. A cause de ce qu' elle portait en son sein. La femme leva la tête vers le néon clignotant de la chambre du motel, et hurla son désespoir, pendant de longues minutes déchirantes de tristesse.
Peu à peu, sa tristesse se transforma en haine. En haine contre ce bébé qui était la cause de tous ses malheurs. Quand elle accoucha, quelques mois plus tard, l' ancienne putain était arrivée à détester le fruit de ses entrailles. Quand elle sortit de l' hopital, la femme n' avait plus de travail et l' unique vie qu' elle connaissait s' était refermée derrière elle et sa fille. Mya. Il avait fallu lui donner un nom, en plus. Comme si elle en avait besoin. De toute facon, c' était l' infiermière qui l' avait choisie. La mère n' avait pas envie de prendre cette décision. Elle ne voulait en aucun cas être responsable de quelque chose envers cette enfant qui avait gachée sa vie.
* * * * *
« Mya!! Amène toi! » cria la femme allongée dans un futon.
La petite fille s' approcha. Son état était aussi misérabe que celui de sa mère. Elle n' avait pas cette rondeur qu' ont les autres enfants de son âge. Son regard n' était pas pétillant ni plein de vie, il était triste et vide. Sa mère eut une longue quinte de toux, et Mya s' approcha de la femme allongée. Elle n' avait que trente-cinq ans, mais en semblait soixante. Elle murmura :
« Apporte moi du thé, et plus vite que ca. »
L' enfant hocha la tête sans un mot, et courut silencieusement vers la pitoyable cuisine. Avec des gestes soignés, l' enfant si adroite se mit sur la pointe des pieds pour atteindre la bouillore qui sifflait doucement, puis monta sur l' une des deux chaises de l' appartement en faisant attention à ne pas tomber, et atttra une tasse grise de saleté et félé sur un coté. Elle prit en passant un sachet de thé instantanné, et la petite fille versa calmement l' eau brulante dans la tasse, sans en renverser une goutte, et laissa infuser quelques secondes le thé. Elle rajouta un sucre, puis prit une petite cuillère usée, et tourna la liquide de facon à ce qu' il soit au goût de sa mère chérie. Celle-ci hurla brutalement :
« Alors, ca vient oui ?!! »
Mya posa la cuillère, et courut hardement vers sa Maman, soucieuse de vouloir acceder à tous ses désirs. Mais en voulant trop se presser, un peu de thé tomba par malheur sur un tatami, et Maman explosa.
« Fille indigne ! Tu n' est donc même pas capable de préparer du thé à ta mère ! N' as tu donc aucune reconnaissance envers moi ! J' ai sacrifié ma vie pour toi ! Combien de fois devrais-je te le répéter ? J' aurais mieux fait de ne pas accoucher !! »
Les larmes montèrent aux yeux de l' enfant, mais elle posa la tasse près de sa mère, et sortit à reculons. Elle ferma doucement la porte coulissante, puis s' addossa contre elle, et pleura sans bruit. Elle n' avait pourtant rien fait de mal. Elle était pourtant gentille et s' occupait bien de sa maman malade. Alors pourquoi restait-elle si méchante ?
Ce devait être la faute de Mya. C' était toujours la faute de Mya. D'ailleurs, elle aurait mieux fait de ne pas naître, et Maman serait si heureuse sans elle. Elle était si nul, elle ne servait à rien. C' était bien vrai, elle ne savait même pas apporter à Maman sa tasse de thé !
Dans la cuisine, l' enfant de cinq ans pleurait. Pleurait tout son malheur, pleurait son existence. Elle aurait mieux fait de ne jamais naître. Elle était tellement inutile.
* * * * *
« Hé, Mya! »
L' adolescente s' arreta. Elle avait treize ans à présent. Sa vie n' avait pas vraiment changée. Sa relation avec sa mère était toujours la même. Elle devait en plus travailler apres les cours. La vie n' est pas gratuite. Et surtout, il y avait ce physique, ce corps qui la rendait encore differente et qui la complxait. Même sa chère mère lui disait qu' elle pourrait profiter de ce corps... Et qu' à sa place, elle s' en servirait bien mieux.
L' adolescente soupira, et se retourna; Qui était-ce ? Elle n' avait pas le temps. Le responsable du conbini l' attendait pour 17 heures, et l' horloge du collège indiquait 16 heures 30. Mariko qui voulait l' engueuler ? Kyo qui voulait son numéro ? Mr Yamatashi pour son devoir de maths ? Elle n' avait rien à leur dire. En fait, elle avait surtout peur de les affronter.
C' était le nouveau. Il s' appellait Jôji. Ils n' avaient pas été présentés, mais Mya avait écouté les discussions de ses camarades, quand ils étaient tous autour de ce nouvel élève, tellement curieux. Au fond, elle aussi aurait aimée en savoir plus sur ce Joji, elle aussi aurait aimée lui parler et en découvrir plus sur lui. Mais elle n' avait pas osée, alors elle n' avait fait qu' écouter, assise au fond de la classe. Elle dit froidement :
« Que me veux-tu ? Je n' ai pas le temps. »
Encore une fois, ellle se cachait derrière une froideur et une méchanceté destétable. A sa grande surprise, Joji éclata de rire.
« Ha ha ha ha ha!! Arrête, je vais pleurer!! » Il respira, écrasa une larme, et reprit. « Moi, c'est Joji, enchanté d te rencontrer, Mya. J' ai vu qu' on habitait à côté, on pourrait peut-être rentrer ensemble, qu' en penses-tu ? »
Comment le savait-il ? Elle n' osa pas lui demander. En réalité, elle crevait d' envie de rentrer avec lui, d' avoir juste l' air d' une adolescente normal. Mais il y avait maman, et puis le directeur du conbini qui l' attendait. Elle ne pouvait se permettre un seul faux pas. Elle sentit ses yeux lui piquer, et se gronda interrieurement. Elle n' allait aps pleurer pour ca, oui ? Ce n' était plus une gamine! Mais malgré elle et tout ses cris qui résonnait dans son cerveau, Mya sentait les larmes lui monter aux yeux. Elle se retourna et passa ses mains sur ses yeux, respira profondément pour se calmer et que ca voix ne paraisse plus embrouillé. N' osant pls regarder son camarade, ellle lui dit, restant de dos qu' elle n' avait vraiment pas le temps.
Elle abandonna là le jeune homme et couru vers sa station de métro. Mais Jôji la rattrapa. Il posa une main sur son épaule et la regarda, le souffle court par sa course éffrené. Il avait de petites jambes et n' était vraiment pas endurant. Il dit piteusement :
« Je suis désolée, j' aurais du commencer par là mais... Je sais aps rentrer chez moi.. »
Mya crut à une mauvaise blague. Il déconnait ou quoi ? Comment était-il arrivé ce matin alors ? Comme s' il avait lui dans ses pensés, l' éphèbe continua :
« Je sais, c' est con... Ce matin, mon grand-frère m' a accompagné en voiture. » Il passa sa main dans ses cheveux. L' adolescente n' avait pas remarqué, mais il était très beau, avec ses cheveux noir jais, son teint si blanc et ses yeux noirs. Elle dit gentiment :
« Je dois d' abord passer au conbini. Si tu m' attends pendant deux heures, je peux t' accompagner. »
C' était sincère, mais elle savait bien qu' il refuserait. Quel humain pourait l' attendre pendant deux longues heures ? Elle ne valait pas cette attente. Mais à sa grande surprise, le garcon répondit :
« Supeeer!! » Avec un entrain que Mya admirait. « Je croyais vraiment que j'allais me retrouver tout seul et ne rentrer chez moi qu' à plus de minuit! Mya-chama, Tu me sauves la vie! »
Mya rougit malgré elle, et dit séchement a Jôji de la suivre. Elle ne dit plus un mot durant tout le trajet, pensant au garcon assis à ses côtés. Elle ne s 'en rendit pas compte, mais durant tou le trajet, ses joues gardèrent cette jolie couleur rouge prune, et toutes ses pensées tournaient autour du jeune homme assis à ses côtés.
Arrivés à leur station, Jôji suivit Mya à travers les couloirs sinueux noirs de monde. Ils sortirent enfin de leur refuge soutterain et le jeune garcon fut aveuglés par la lumière du soleil. Il venait de la campagne, et n' était pas habitué au métro, au monde, à ces immeubles si haut qui cachent le ciel, à tout ce qui carectérise Tokyo.
Il faisait froid, et l' air glacial frappait le visage de Jôji qui résisitait, comme un enfant, en savant parfaitement que quand les larmes lui viendraient aux yeux, il les baisserait. Il regarda Mya. Elle était vraiment belle. Semblait d' un autre monde. Elle semblait rougir, mais l' adolescent n 'en prit compte. Ils marchèrent quelques minutes, et pendant deux heures, Jôji attendit sa voisine. Il rit quand il vit l' émotion qui trnasparait sur le visage de cette si jolie jeune fille quand elle comprit qu' il l' avait réellement attendu. Il rit, rit si fort. Elle sentait si bon. Il aurait voulu la protéger.
Un accord se scella entre les deux jeunes adolescents. Ce n' était pas officiel, mais c' était leur rituel. Mya allait chercher Jôji le matin après son travail en tant que livreuve pour le journal du quartier, puis ils rentraient ensemble, l' éphèbe l' attendait deux heures durant devant le conbini, et ensuite, Jôji abandonnait Mya à son triste quotidien pour rentrer chez lui. C' était simple, mais d' un côté comme de l' autre, ces quelques heures passées ensembles étaient le rayon de soleil qui illuminaient leur vie.
Mya avait du mal à le croire. Malgré les promesses d' éternité de Jôji, elle le voyait toujours l' abandonner pretextant son inutilité, des défauts qu' elle seule voyait. Au fil des mois, elle commenca à prendre condiance, à peu à peu baisser sa garde, et malgré son morose quotidien, l' adoescente s' épannouissait et devenait plus heureuse chaque jour. Elle ne vivait qu' à travers Jôji. Ils s' aimaient. Tous deux le savaient, mais se contentaient avec une innocence d' enfants de leur relation actuelle. Mya s' accrochait à ce peu de rationnalité dans sa vie, et en avait besoin de vivre. S' ils sortaient ensemble, quelque chose se briseraient.