Sans aucun discernement et contre tous ses principes, elle ordonna qu'on selle son cheval et partit au galop en plein milieu de la foret. Inutile de dire qu'elle ne voyait absolument pas ou elle allait, et qu'elle avait une chance énorme que la bête ne soit pas aveugle parce qu'ils auraient déjà buté sur un arbre le cas échéant. Durant toute la journée, elle galopa sans savoir ou elle allait, le visage baignée de larmes inconsolables, le cœur serré par un regret amer. Puis soudain, son cheval s'arrêta net, la renversant à terre. La monture poussa un hennissement terrifié et elle entendit son galop retentir, s'éloignant de plus en plus. Elle ne voyait rien, mais le froid qui s'infiltrait tout à coup dans chacun des interstices de sa robe lui indiqua que la nuit était tombée.
Elle se releva dans un gémissement de douleur. Son bras lui faisait mal.
Elle tâtonna l'air devant elle et ses doigts se griffèrent contre un mur. Qu'est ce que c'était que ça? Des remparts? Sûrement les alentours de Venise… Ou bien une maison perdue au milieu de nulle part. Elle n’aurait su le dire.
Elle longea le mur calmement et sa longueur l'impressionna. Ca ne pouvait pas être une maison. Donc certainement des remparts. Au bout d'une durée qui lui parut trop longue étant donné son état d’hypothermie, sa main toucha une matière plus lisse et moins hostile que la pierre. Du bois. Un bois magnifiquement vernis. Elle sentit son cœur s'accélérer légèrement.
Elle frappa calmement cpntre la porte et attendit qu'on daigne lui ouvrir pour pénétrer dans la cité
Elle erra longuement dans les rues de ce qui semblait être effectivementVenise. Comme elle était aveugle et bien trop ankylosée pour se rendre compte qu’elle avait changé d’univers, elle franchit l’une des Portes sans même s’en rendre compte. Au bout de quelques instants d’errance totale dans ce qu’elle croyait être un quartier de Venise, elle arrêta sa marche, se rendant soudain compte d’un changement d’atmosphère complet. Elle ignorait ou elle se trouvait, mais cela n’avait rien à voir avec les festivités et la chaleur qu’elle avait pu percevoir dans la ville Italienne. Il régnait en ce lieu un calme étrange. Quelques personnes passaient à coté d'elle mais le bruit de leur pas ne parvenait pas à briser le silence assourdissant qui lui pressait les tympans au point de lui faire mal au crâne. Elle prit peur. Cet endroit était vraiment trop angoissant pour être une bonne idée! Il fallait qu'elle sorte, qu'elle demande son chemin et qu'elle reparte!
Oui mais... Par ou? Elle avait marché si longtemps qu'elle ne savait même plus ou se trouvait l'entrée de cette cité.
Un carillon caractéristique d'une cathédrale parvint à ses oreilles. Infiniment soulagée, elle suivit cette mélodie réconfortante et arriva enfin sous le parvis d'une église. Sans doute les restes de croyances funestes de ce monde hostile et sans doute plus dangereuse encore que les rues de Nightmare, mais cela, elle ne pouvait pas le savoir. Elle entra, rassurée, et avança dans l’allée centrale, lentement, touchant les bancs les uns après les autres jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. Jugeant qu’elle devait être arrivée devant l’autel, elle s’effondra enfin. À genoux, et éclata en sanglots. Un « Notre père » s’échappait de sa bouche entre les hoquets affolés et déchirants qui secouaient sa poitrine. Inlassablement, elle répétait ses prières, suppliant qu’on la délivre enfin de l’ombre dans laquelle elle baignait, que dis je, dans laquelle elle se noyait depuis près de deux ans. Nul n’aurait su dire combien de temps elle resta là, immobile, ses sanglots incontrôlables devenant bientôt des larmes silencieuses et résignées. Toujours est il que le froid la prit soudain. Ses muscles lui faisaient mal et ses genoux étaient atrocement douloureux à force d’être restés ainsi dans cette position. Et puis, ses parents… Elle avait beau être aveugle, elle savait discerner les variations de lumière et elle sentait autour d’elle une obscurité seulement déchirée par la flamme vacillante de quelques cierges. Elle ne pensait pas s’être enfuie depuis si longtemps et pourtant… Sa mère allait être folle d’inquiétude.
Elle s’apprêtait à se relever quand un violent claquement de porte la fit sursauter. Son cœur ne fit qu’un bond, et s’immobilisa dans sa poitrine, pour repartir ensuite à un rythme tel que tout médecin aurait été en droit de se demander comment avait il fait pour ne pas s’éjecter littéralement de sa poitrine. L’oreille tendue, elle tacha de percevoir quelque chose. Un bruit… Un silence rassurant lui indiquant que ce n’était qu’un vent un peu trop violent qui avait claqué la porte de l’église… Quelque chose.
Un rire bestial parvint à elle juste avant qu’une main ne se plaque contre sa bouche tandis qu’au moins deux paires de bras la plaquaient fermement dos au sol. Elle tenta de pousser un hurlement pour laisser aller sa terreur mais la main lui écrasait le visage et manquait de l’étouffer à chaque fois qu’elle faisait mine d’utiliser ses cordes vocales. Folle d’horreur et de panique, elle sentit des larmes lui brûler les yeux tandis que les rires continuaient à s’élever derrière elle, toujours plus bestiaux, toujours plus menaçant. Une lame s’appuya contre sa gorge et le bustier de sa robe lui fut arraché. Elle réalisa alors que toute tentative de riposte était veine. Qu’elle allait être violée, sans doute égorgée, dans ce lieu sacrée et divin. Et sa cécité lui apparut tout à coup comme un problème superficiel. Une phrase se répercutait en échos dans sa tête, tel un leitmotiv, une plainte désespérée et plaintive.
« Je ne veux pas mourir ! »
Ce que Rosalie ignorait, c’était que ce n’était pas son corps ou sa fragilité apparente qui avait attiré ces vautours jusqu’à ce traquenard, ni même l’appel simple de quelque besoin animal et pulsionnel, c’était son sang. Tout comme ce serait son sang qui la sauverait. La beauté de la jeune femme ne résidait en aucun cas dans ses formes généreusement proportionnées, son visage angélique ou son regard flamboyant, elle résidait dans son odeur. L’odeur du liquide vital qui clouait dans ses veines. Une odeur que les humains ne percevaient pas, bien que leur attirance pour elle ne soit psychiquement déterminée que par ça, mais que les vampires ressentaient comme une saveur rarissime et immanquable. Une odeur éclatante et tout en contraste, une explosion de vitalité et d’énergie. Le mélange harmonieux de senteurs violentes telles que la lavande, mélangée à des sensations olfactives bien plus subtiles et parsemées de nuances. Sentir le sang de Rosalie, c’était comme se promener dans un paradis de senteurs. D’abord les plus puissantes, qui vous prennent le nez à vous en faire mal au crâne et vous emmène dans un autre monde, puis les plus timides viennent faire leur apparition, tel la caresse d’un pétale de rose au fond de l’âme tandis que des odeurs si rares qu’elles sont inqualifiables viennent faire exploser de façon irrégulière cet harmonieux mélanges par des apparitions subites qui vous font passer par tous les monde possibles, par tous les sentiments imaginables.
Comment pouvait elle savoir posséder une telle rareté ? Et comment pouvait elle savoir que cela sauverait sa virginité ?
Alors qu’elle s’apprêtait à implorer une dernière fois la divine miséricorde, la porte de l’église s’ouvrit de nouveau, d’une manière bien plus silencieuse, bien plus subtiles, et pourtant bien plus intense et menaçante. Toute la pièce fut parcourue d’un frisson glacée et envoûtée par une sorte de magie funeste et sublime. Les mains qui la retenaient prisonnières disparurent à une vitesse incroyables, et d’autres, beaucoup plus douces, plus élégantes, plus irréelles, s’emparèrent d’elle pour la remettre sur pieds. Elle fut incapable de bouger un muscle, ou d’émettre une quelconque protestation. Son cœur était animée d’un rythme étrangement calme et angoissé, les larmes qui coulaient sur ses joues étaient presque plus dues à l’intensité de la présence qui se trouvait en face d’elle qu’à la terreur qui diminuait peu à peu. Une main la saisit, et sans savoir comment, elle sombta dans un seimi sommeil tandis que des bras la soulevaient pour l'emmener loin du lieu sacré. Quand elle repprit un tant soit peu conscience, ce fut pour sentir une présence encore plus divine se déplacer à côté d'elle. C'était étrange. Elle avait l'impression d'avoir plongé dans un autre monde, Son esprit passait de la béatitude à la peur, puis d ela peur à la béatitude de façon totalement incontrolable, tandis que cette présence approchait d'elle. C'était comme sentir un ange avancer vers soi et vous garantir le repos éternel, vous tendre la main et vous emmener directement dans un lieu ou tout snetiment négatif n'a plus lieu d'être. Pourtant, cet ange là avait quelque chose de menaçnt, de perfide. Mais Rosalie ne voyait et ne voulait voir que sa royalissime grandeur. Les larmes baignèrent à nouveau son visage quand l'ange ne fut plus qu'à quelques centimètres d'elle, suffisemment pour que son odeur suprême lui fasse tourner a tête
Elle sentit soudain quelque chose s’enfoncer dans sa gorge, et toute l’énergie vitale qui était en elle la quitter dans une lente et savoureuse agonie. La douleur qui étreignit les cellules de son corps ne fut rien en comparaison de la jouissance qui atteignit son cœur. Quand les divines mains la lâchèrent, car ses mains ne pouvaient être que l’œuvre de Dieu, elle eut à peine de tendre la sienne. Ses doigts effleurèrent une joue, et elle sombra dans l’inconscience.
Quand elle se réveilla, l’engourdissement fut tel que le gémissement qu’elle fut tentée de pousser n’atteignit même pas ses lèvres. Les yeux fermés, le visage partagé entre les crispations régulières et une torpeur évidente, elle porta instinctivement sa main à sa gorge et sentit la cicatrice d’une marque de dents. Elle se sentait bizarre. La seule chose qui lui revenait en tête était le contact de cette joue de velours sous ses doigts, puis un trou noir et complètement dépourvu de rêves. Mais, elle avait la sensation que quelque chose avait changé… Elle n’aurait su dire quoi, mais jamais elle n’avait senti son organisme comme elle le sentait alors. Elle ouvrit les paupières, pour le principe, et eut un tel choc qu’elle dut se redresser avec violence pour l’encaisser. Elle… voyait ?! Ses yeux furent pris en traître par toutes sortes de formes, toutes sortes de couleurs ! Des choses qu’elle n’aurait jamais cru revoir. C’était un miracle ! Un véritable miracle !
Elle se releva. Sa faiblesse la fit chanceler et elle dut s’appuyer sur un mur pour ne pas s'effondrer de nouveau. Elle se trouvait dans une rue complètement inconnue et désertes. On avait dut l'abandonner là. Lentement, elle progressa d'un pas faible, imprimant chaque nouvel image, une reconnaissance infinie envahissant son absence de coeur. Et ce bonheur... Un bonheur mêlé d’une sensation des plus étranges. Comme si son cœur avait été remplacé par une sorte de vide noir et funeste. Elle ne le sentait même plus battre. Que s passait il bon sang ?Elle ne comprit que lorsqu’un homme lui proposa son aide. D’instinct, et sans comprendre pourquoi, elle le mordit à la manière dont l’Impératryce avait agi avec elle. Elle sentit son sang, sa vie, couleur dans sa gorge et sa jouissance fut telle que lorsqu’elle le lâcha, jamais elle n’avait eut une telle sensation de vitalité et d’énergie. Aussi fou que cela puisse paraître, elle était devenue Vampire !
Ne connaissant pas l’idée de son sauveur, bien qu’elle soit persuadée que sa douceur ne pouvait appartenir qu’à une femme, elle passa les deux prochaines années de sa vie à apprendre le métier de vampire. Elle était animée d’une telle volonté de retrouver cette femme et de se jeter à ses pieds qu’elle apprit à maîtriser sa nouvelle condition en un temps record. Mais elle avait beau traquer son ange jusqu’à l’épuisement, il restait introuvable.Et puis un jour, alors qu’elle passait près du palais impérial, elle sentit cette présence envahir son absence de cœur. Elle. Celle qui l’avait sauvée. Celle qu’elle recherchait désespérément.
Sans même réfléchir à ce qui pourrait advenir d’elle, elle se lança à l’intérieur. Elle ne fut pas tardée à être arrêtée par les gardes. Par miracle, il l’envoyèrent directement chez l’Impétratryce et lorsque Rosalie put enfin la voir, l’objet de ses recherches… Lorsque cette présence étouffante et sublime lui serra de nouveau les entrailles, elle s’effondra, un genoux au sol, des larmes d’émotion baignant son visage immaculé et jura que jamais, jamais elle ne supporterait d’être à nouveau séparée de Tytania.
Ce fut ainsi qu’elle s’engagea dans l’armée au service du couple impérial. Peut être était elle plus agile que les autres, peut être sa cause était elle tout simplement plus noble. Toujours est il qu’elle grimpa les échelons à une vitesse fulgurante et ne tarda pas à devenir celle qui commandait entièrement cette armée, jurant chaque jour de servir Tytania, et son mari par la force des choses, jusqu’à sa mort et par delà la mort.
IV Autres:Inventaire: Une garde de robe aussi variée que remplie, comportant avant tout des robes à la fois provocantes et chastes, toutes plus splendides les unes que les autres. Son inventaire de combat est constitué d'une tenue noire, à la fois légère et épousant à merveille son corps irréprochable, deux longues dagues avec lesquelles elle tranche les victimes trop coriaces pour résister à ses crocs et un pistoles à deux coups porteur de balles en argent pour les Lycans un peu trop agités. Elle possède un panel d'armes, tels que des couteaux et même un arc, mais ses deux dagues son celles qui l'accompagnent partout en mission.
Style de combat: Calme, silencieux et furtif. Rosalie ne fera jamais un geste inutile lors de ses combats. La plupart du temps immobile, elle ne bouge que pour atteindre sa cible et lui faire mal. Il lui arrive parfois de se servir de son charme pour attendrir l'adversaire mais cela ne marche évidemment pas lors des moments de tension extrême. Elle est essentiellement caractérisée par sa furtivité et la précision de ses gestes. Elle ne se déplace pas, elle plane presque au dessus du sol et il est très difficile de deviner sa position quand elle a décidé de vous surprendre. Elle possède une puissance physique faible pour un vampire et ne joue jamais sur un rapport de forces. C'est surtout ça qui la rend exceptionnel aux yeux de ses troupes, elle est parvenue à s'imposer dans un monde de brute alors qu'elle ne gagne pas au bras de fer... Mais la plupart des cadavres qu'elle laisse derrière elle sont littéralement lacérés quand elle a décidé de frapper fort.
Relations: Elle a des contacts avec Tytania et Mephystophéles grâce à son poste